Le lac de Saint-Point

Français’s Docs Intermediate Le lac de Saint-Point

D’après une légende de Franche-Comté.

ll était une fois, il y a fort longtemps, au bord de la rivière du Doubs, en lisière d’une profonde forêt de sapins, une grande cité nommée Damvauthier. C’était une très belle ville puissante et ses habitants étaient prodigieusement riches.

Les habitants de Damvauthier possédaient des champs où le blé poussait en abondance, des vergers où les fruits étaient délicieux et de nombreuses vignes qui produisaient un excellent vin. Ils mangeaient du gibier et du poisson en abondance. Ils habitaient dans de somptueuses maisons décorées d’or, de perles et de rubis. C’était réellement une ville somptueuse.

Comme ils avaient tout, les habitants n’avaient pas besoin de travailler. Ils était oisifs, ils ne travaillaient pas. Ils passaient leur temps à manger, à boire et à faire des fêtes. Ils étaient gourmands, paresseux et arrogants. Ils vivaient dans la luxure et la débauche. Ils maltraitaient leurs serviteurs et ils chassaient les étrangers et les pauvres.

Cependant, sur la grand-place, il y avait un très vieil homme qui criait : « Gens de Damvauthier, changez de vie pendant qu’il est encore temps. Renoncez au luxe et soyez simples et bons. Sinon une chose terrible arrivera. » Mais les habitants de Damvauthier n’écoutaient pas le vieillard. Ils pensaient que cet homme était complètement fou.

Un jour, c’était pendant l’hiver, il faisait très froid et la neige tombait. Une femme est entrée dans la cité. Elle était pauvre. Elle portait des haillons et elle était pieds nus. Elle avait des difficultés à marcher contre le vent et la neige. Des ses bras, la pauvre femme portait un bébé dans une couverture. Le bébé tremblait de froid, il pleurait et il criait. Il avait le visage bleu. La femme était malheureuse mais quand elle est entrée dans Damvauthier, elle a pensé : « La route a été longue et difficile mais Dieu soit loué, ici je vais trouver un abri et nous pourrons nous reposer ! »

La pauvre femme a frappé à la porte d’une belle maison. Un serviteur a ouvert la porte et l’a regardé d’un air dédaigneux. La femme a montré son bébé dans la couverture et elle a dit : « Ayez pitié de mon bébé à demi mort de faim et de froid. Donnez-nous un peu de pain et laissez-nous nous réchauffer près de votre cheminée ! »

Mais la serviteur a répondu méchamment : « Mon maître n’aime pas les pauvres. Partez, partez ! » Et il a fermé la porte.

La pauvre femme était désolée mais elle a frappé à la porte de la maison voisine. Elle a montré à nouveau son bébé et elle a répété sa demande. L’homme qui a ouvert la porte était très irrité et il lui a dit : « Mon maître déteste les pauvres. Il est en train de dîner. Partez, partez ! » Puis il a refermé la porte.

La femme a continué sa route. Elle a frappé aux portes de toutes les riches maisons bien chaudes. Elle sentait des odeurs de bonne nourriture et elle entendait des rires et des chants mais à chaque fois, on lui fermait la porte au nez. Elle était repoussée.

Alors la femme a tenté une dernière chance. Elle a frappé a la porte d’une belle maison. Une vieille femme n’a pas ouvert la porte, elle a juste ouvert le petit trou dans la porte appelé judas et elle a dit : « Mon maître est Aurélius, le prêtre. Il n’aime pas les pauvres. Il dit que la pauvreté est une punition des péchés. Partez, partez ! »

La malheureuse femme a pensé : « Tout est fini ! Le bébé et moi, nous sommes trop fatigués et trop faibles. Je suis prête à mourir dans la neige. Mais mon Dieu, sauvez mon bébé ! » A ce moment, elle a vu un vieillard qui s’approchait d’elle. Il a dit à la femme : « Vous êtes malheureuse mais ne perdez pas courage ! Je suis pauvre, très pauvre mais je vais vous aider, venez ! »

Le vieillard habitait dans la forêt dans une petite cabane. La femme et son bébé sont entrés dans la cabane. Le vieillard a allumé un bon feu et il a donné un peu de pain et un bol de soupe à la femme. Le bébé a souri. La femme a dit au vieillard : « Vous nous avez sauvé. Comment pourrais-je vous remercier ? » Le vieillard lui a répondu : « Vous avez besoin de vous reposer. Ici, vous serez bien. »

Minuit a sonné « Ding, dong ». Les habitants de Damvauthier avaient fini de dîner. Ils criaient, ils chantaient, ils dansaient, ils faisaient la fête comme d’habitude. Soudain, le tonnerre a grondé, la terre a tremblé, les sapins sont tombés. Les habitants ont arrêtés de faire la fête. Ils étaient immobiles et silencieux. Ils étaient terrorisés. L’orage s’est arrêté et l’eau a coulé dans les rues. Les cloches ont sonné l’alerte « Ding, dong, ding, dong ». les hommes et les femmes de Damvauthier sont sortis de leurs belles maisons. Ils ont vu l’eau montait et montait dans les rues.

L’eau a pénétré dans les maisons. Les hommes et les femmes étaient épouvantées. Ils se bousculaient, s’écrasaient et se battaient. L’eau a emporté les maisons, détruit la ville et tué les habitants. Tout était fini. Damvauthier a disparu sous les eaux.

Le jour suivant, quand la femme et son bébé se sont réveillés, ils ont vu un grand lac. Damvauthier avait disparu et à la place, il y avait un grand lac. La pauvre femme était surprise mais le vieillard lui a dit : « Les gens de Damvauthier n’ont pas écouté les avertissements de Dieu et ils ont été punis. » Puis il est parti dans la forêt.

La femme et son bébé sont restés vivre dans la cabane au bord du lac. La femme a nommé le lac, Saint Point comme le vieillard qui l’avait aidée.

Le lac est resté mystérieux. La nuit après la Toussaint, c’est-à-dire la nuit du deux novembre, on peut entendre des cloches qui sonnent du fond du lac « Ding, dong, ding, dong ». C’est le tocsin.