Le bûcheron et l’ourse

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Le bûcheron et l’ourse 

(adaptation du conte folklorique bulgare écrite par Alexandra Todorova)

Un beau jour, un bûcheron marchait dans la forêt avec une grande scie*. Il cherchait des arbres à couper. Soudain, derrière un arbre, il a entendu un bruit. Il s’est arrêté pour voir mais comme la végétation était si haute, il ne pouvait pas bien voir. Il s’est approché et il a compris que c’était un animal. Il s’est approché encore un peu et il a vu que c’était un petit ourson coincé* dans la haute végétation. Pauvre ourson ne pouvait pas sortir de là. Il pleurait malheureusement! Il était seul et avait perdu sa mère. 

Le bûcheron a aidé le pauvre ourson à sortir de ce piège*. Il a libéré le pauvre animal. Cependant la mère du petit ourson a vu ce que le bûcheron avait fait. La mère était très contente de retrouver son petit. En plus, elle était contente de voir que l’homme avait aidé son enfant, il ne l’avait pas tué.

La mère voulait remercier le bûcheron de ce qu’il avait fait. Alors, elle est venue en face de l’homme. L’homme a eu peur quand il a vu le grand ours devant lui. L’ourse s’est approchée. L’homme tremblait de peur. Il pensait que l’ourse allait l’attaquer. Mais la mère-ourse a commencé à parler avec une voix douce et humaine:

– Ne t’inquiète pas, bon homme ! Calme-toi ! Je ne vais rien te faire de mal. J’ai vu comment tu as aidé mon petit ourson. Tu es si gentil et je voudrais te remercier. Je veux que nous soyons des amis. Et toi, est-ce que tu veux que nous soyons des amis ?

– Bien sûr ! – a répondu l’homme. Je veux que nous soyons des amis ! Je ne veux pas avoir peur de toi. Je veux que tu sois mon amie.

Alors, l’ourse a embrassé le bûcheron. Elle voulait montrer ses bons sentiments amicaux* envers l’homme. A ce moment,  à cause de la proximité avec l’ourse, l’homme a senti une odeur horrible de sa bouche. L’homme était dégoûté. La bouche de l’ourse sentait très mauvais. C’était dégueulasse ! 

– Ta bouche sent très mauvais ! – a dit le bûcheron en faisant une grimace.

L’ourse s’est sentie très mal en entendant ces mots. Elle était vexée*. Elle a pensé pendant un instant et a dit:

– Prends ta scie*! 

L’homme était stupéfié, il ne comprenait pas.

– Qu’est-ce que tu dis ? Pourquoi ? Nous sommes des amis. Pourquoi tu veux que je prenne ma scie ?

– Prends ta scie et frappe-moi sur le cou*!

 – Quoi ? Comment ? – ne comprenait pas le bûcheron.

–  Je te le dis encore une fois, prends ta scie et frappe-moi sur le cou! – a dit l’ourse sur un ton très sérieux.

L’homme était perplexe. L’ourse était tellement irritée qu’elle l’a menacé:

– Fais ce que je te dis ou je vais te tuer*. Frappe-moi sur le cou!

Pauvre bûcheron n’avait pas le choix. Il ne voulait pas du tout faire de mal à l’ourse. Mais l’ourse l’avait menacé. Il a pris sa scie et a fait ce que l’ourse voulait. Il l’a frappée sur le cou. Il a fait une grande blessure* sur le cou de l’ourse. Le sang* rouge a commencé à couler de son cou. Le bûcheron se sentait horriblement mal mais il était obligé de le faire.

Sans regarder l’homme dans les yeux, l’ourse est partie. Elle marchait tristement dans la forêt avec son petit enfant. L’homme est resté pensif et immobile en les regardant disparaître peu à peu, loin dans la forêt. 

Beaucoup d’années ont passé. Le bûcheron allait souvent dans la forêt pour travailler mais il n’a jamais rencontré son amie l’ourse.

Un jour, quand le bûcheron se promenait dans la forêt pour faire son travail habituel, il a rencontré son amie l’ourse. Les deux ont commencé à parler. Ils ont parlé longtemps de différentes choses. Soudain, l’ourse a pensé à sa blessure sur le cou. Elle a demandé:

– Regarde mon cou! Est-ce que tu vois la blessure là?

L’homme a examiné attentivement son cou. Il cherchait dans la fourrure brune pour trouver la blessure mais il ne l’a pas trouvée. Il n’y avait aucune trace de la blessure. Elle avait disparu complètement.

– Je ne vois rien – a répondu l’homme. Je ne trouve rien sur ton cou.

Alors, l’ourse a ajouté:

– Tu vois, mon bon homme! La blessure n’est pas là, elle a disparu et je l’ai même oubliée. Mais je n’ai pas oublié les mots vexants que tu m’as dit. Tes mots m’ont tellement blessée que je ne vais pas les oublier. Ça me fait encore mal, tu sais. 

On peut oublier la blessure physique mais on n’oublie jamais les mauvais mots.

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*une scie – saw

*coincé – trapped

*piège – trap

*amical (sg) amicaux (pl) – friendly

*vexé,e – upset

*un cou – neck

*tuer – to kill

*une blessure – wound 

*le sang – blood

*coulait – was bleeding

*oublier – to forget

*vexant – hurtful

 

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